Il n'y a pas de formation pour cela, pas de cours du soir, pas de rattrapage. Le métier de vivre s'apprend sur le tas dans ce qu'on appelle par
antiphrase l'école de la vie. Il y a bien sûr des élèves plus doués que d'autres, Ceux qui semblent avoir des dispositions naturelles pour s'adapter à tous les niveaux Et puis les émotifs qui perdent leurs moyens dès qu'On leur pose une question un peu difficile et qu'on attend d'eux un minimum d'application, les cas désespérés, les redoublants d'office. La particularité de l'école de la Vie c'est que, de manière très injuste, elle ne tient aucun compte du cursus de chacun et peut très bien imposer des épreuves très dures à de jeunes élèves sans aucun égard pour leur niveau, leur capacité de résistance ou leur degré de compréhension des mécanismes de survie. Cela n'est pas gai, pas triste non plus. Simplement c'est la vie et la noirceur du décor va toujours de pair avec la tendresse du regard. Nous ne sommes pas aussi seuls que nous le croyons, à l'école de la vie tout le monde est logé à la même enseigne et ce simple constat, aussi décourageant soit-il, devrait au moins nous rendre solidaires.